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Je ne supporte plus ma vie de maman, que faire ?

Vous aimez vos enfants, mais certains jours, tout déborde : la fatigue, la charge mentale, la culpabilité… et cette pensée qui revient en boucle : je ne supporte plus ma vie de maman. Si vous vous reconnaissez, sachez que vous n’êtes ni seule ni “mauvaise mère”.
Beaucoup de femmes traversent cette période d’épuisement sans oser en parler.

Alors que faire quand on est à bout, quand on a l’impression de s’être oubliée en chemin ? Dans cet article, vous allez comprendre ce qui vous arrive et découvrir des pistes concrètes pour retrouver de l’air, de l’équilibre et, peu à peu, votre place de femme en plus de celle de maman.

Table des matières

Si vous ressentez ça, vous n'êtes pas une mauvaise mère

C’est probablement la chose la plus importante à lire aujourd’hui : le fait de ne plus supporter votre vie de maman ne signifie pas que vous n’aimez pas vos enfants. Ces deux réalités peuvent coexister, et elles coexistent chez des millions de femmes.

Le burn-out maternel est un phénomène reconnu scientifiquement. Des chercheurs comme Isabelle Roskam et Moïra Mikolajczak, de l’Université catholique de Louvain, ont mené des études de grande ampleur sur ce sujet. Leurs travaux montrent qu’une mère sur dix présenterait des symptômes de burn-out parental. Ce n’est pas une fragilité, ce n’est pas un caprice : c’est un épuisement réel, mesurable, documenté.

Il est important de distinguer la fatigue ordinaire du burn-out maternel. La fatigue, on la connaît toutes, une mauvaise nuit, une semaine chargée, un enfant malade. On récupère. Le burn-out, lui, s’installe différemment : c’est un état d’épuisement profond, émotionnel et physique, qui ne passe plus avec le repos.

On se sent vidée de l’intérieur. Distante de ses propres enfants. Incapable d’éprouver la joie qu’on est « censée » ressentir. Et souvent, submergée par une culpabilité qui aggrave encore l’état de détresse. Si vous vous reconnaissez dans ces mots, ce que vous vivez a un nom. Et tout ce qui a un nom peut être traversé.

Pourquoi vous n'en pouvez plus ?

Comprendre d’où vient l’épuisement est une première étape essentielle. Rarement, il y a une seule cause. Le plus souvent, c’est une accumulation silencieuse, un empilement de facteurs qui finissent par tout faire basculer.

La charge mentale est souvent la première coupable. Invisible, incessante, elle occupe le cerveau en permanence : les rendez-vous médicaux, les repas à préparer, les devoirs à suivre, les vêtements à taille, les activités à organiser. Même quand vous ne « faites » rien, vous pensez. Et cette pensée constante épuise profondément.

Le manque de relais aggrave tout. Quand on est seule à porter, que ce soit parce que le co-parent n’est pas présent, pas impliqué, ou simplement parce que la répartition est déséquilibrée, le poids devient écrasant. On n’a pas été conçues pour élever des enfants seules, sans soutien communautaire ou familial.

Jeune maman épuisée

La perte d’identité est une blessure moins visible mais tout aussi réelle. Avant d’être maman, vous étiez quelqu’un d’autre aussi. Une femme avec des désirs, des projets, une vie intérieure propre. La maternité, si elle prend toute la place, peut faire disparaître cette femme-là. Et ce vide peut se transformer en une souffrance sourde, difficile à nommer.

La pression sociale joue un rôle considérable. On vous demande d’être une mère parfaite, épanouie, patiente, créative, présente et simultanément une professionnelle performante, une partenaire disponible, une amie fidèle. Cette injonction à tout réussir est épuisante et profondément injuste.

Le manque de sommeil, chronique chez beaucoup de mères, a des effets physiologiques réels sur l’humeur, la régulation émotionnelle et la capacité à faire face. Ce n’est pas anodin : la privation de sommeil affecte le cerveau de la même manière qu’un état dépressif.

L’isolement, enfin, est un facteur aggravant majeur. Ne pas avoir d’adultes autour de soi à qui parler vraiment, sans mettre de filtre, sans devoir rassurer les autres, cet isolement-là creuse un manque immense.

7 solutions concrètes quand on ne supporte plus sa vie de maman

Pas de grandes théories ici. Des choses faisables, maintenant, à votre rythme.

Mettre un mot sur ce que vous vivez

Avant tout, nommez ce qui se passe. Burn-out maternel, épuisement, dépression post-partum tardive peut importe le terme exact pour l’instant. Ce qui compte, c’est de sortir du flou. Écrire ce que vous ressentez, même dans un carnet, même de façon désordonnée, aide à externaliser ce qui tourne en boucle dans votre tête. Ce n’est pas de la complaisance : c’est le début du chemin.

Demander de l'aide concrète

Non pas « ça va aller », non pas « j’ai besoin d’un peu de soutien ». De l’aide concrète, précise : « Est-ce que tu peux venir garder les enfants samedi matin ? » « Est-ce que tu peux prendre en charge les repas cette semaine ? » Les gens autour de vous ne voient souvent pas à quel point vous êtes à bout. Dire explicitement ce dont vous avez besoin n’est pas une faiblesse c’est une nécessité.

Jeune maman au téléphone qui n'en peut plus

Créer un espace à soi, même petit

Il ne s’agit pas de partir en retraite une semaine (même si ce serait mérité). Il s’agit de trouver, dans votre quotidien, un espace qui vous appartient. Trente minutes le matin avant que tout le monde se lève. Une sortie seule le week-end. Un bain sans interruption. Ces espaces semblent dérisoires, mais ils signalent à votre psychisme qu’il y a encore une femme derrière la mère. C’est fondamental.

Remettre le sommeil en priorité absolue

Tout le reste attendra. Le ménage attendra, les mails attendront, les réseaux sociaux attendront. Le sommeil ne se rattrape pas à la volée : c’est une restauration neurologique dont votre cerveau a besoin pour fonctionner. Négocier des nuits récupératrices avec votre partenaire, accepter de laisser les enfants devant un écran pour faire une sieste ce n’est pas de la paresse, c’est de la survie.

Rééquilibrer la charge mentale

Cela suppose une conversation explicite, parfois difficile, avec la personne qui partage votre vie ou avec vous-même si vous êtes seule, pour identifier ce qui peut être allégé, simplifié, abandonné. Toutes les tâches ne sont pas indispensables. Certaines peuvent être déléguées à vos enfants selon leur âge. D’autres peuvent simplement disparaître. La perfection domestique et parentale n’est pas un objectif viable.

Consulter un professionnel

Ce point mérite d’être posé clairement : consulter un psychologue, un médecin ou un thérapeute n’est pas réservé aux cas « graves ». C’est un acte de soin envers vous-même, au même titre qu’aller chez le médecin pour un genou qui fait mal. Parler à quelqu’un de formé, dans un cadre sécurisé et confidentiel, peut changer profondément la façon dont vous traversez cette période. Vous méritez ce soutien.

Recréer une identité hors maternité

Retrouver quelque chose qui vous appartient, une activité, un projet, des amitiés, une passion oubliée. Non pas pour fuir vos enfants, mais pour redevenir entière. Une mère qui existe aussi en dehors de la maternité est une mère qui revient à ses enfants avec davantage de ressources. Ce n’est pas de l’égoïsme : c’est de l’écologie personnelle.

Quand faut-il consulter en urgence ?

Certains signaux demandent une attention immédiate, et il est important de savoir les reconnaître sans les minimiser.

Si vous ressentez une tristesse profonde qui dure depuis plusieurs semaines sans s’améliorer, des pensées intrusives concernant vous-même ou vos enfants, des épisodes de colère qui vous font peur, une envie de tout fuir ou de disparaître, une incapacité à vous occuper de vos enfants ou de vous-même, ces signaux ne doivent pas rester sans réponse.

Parlez-en à votre médecin généraliste, à une sage-femme, à un psychiatre. Ces professionnels sont formés pour vous aider sans vous juger. Une dépression maternelle, qu’elle soit post-partum ou apparue plus tard, se soigne. Vous n’avez pas à vous en sortir seule.